
Dorothy Napangardi "Mina Mina Jukurrpa" 2011

Julie Nangala Robertson
"Ngapa Jukurrpa", 2011

Emily Nampijinpa Hudson
"Mt Doreen Dreaming", 2011

Mary Ann Nampijinpa Michaels
Lappi Lappi Jukurrpa », 2009

Pauline Napangardi Gallagher
"Mina Mina Jukurrpa", 2011

William Sandy
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Charlie Wallabi Tjungurrayi
"Ngarru Lake" 2008
Il suffit de se taire.
Dans la brise du soir sur les spinifex,
au balancement des arbres à feuilles bifaces serrées en bancs d’éclairs comme une fraie dans le ciel,
ou sous le soleil de tant de plomb que vie est suspendue dans un temps qui ne s’écoule plus,
ou au petit matin quand les oiseaux chamailleurs nappent de leur vol le ciel piqué de rosée,
à tout moment, un chant revient.
De chaque élément, à chaque instant, remonte la cérémonielle musique d’un paysage qu’aucune main n’a altéré. C’est cela le plus marquant, une harmonie naturelle, vierge, détachée, délicatement pianissimo arrangée entre là une roche et quelques herbes sèches dont s’échappe une fleur éclatante, là un parterre de mousse jaune pâle comme un merveilleux lit d’or, là encore un monticule coiffé de petites pierres posées sur terre en bigoudis choisis, des fourrés blottis en cachettes accueillantes, des arbustes cramoisis semblant vaciller sans jamais tomber sous le fer du vif été. C’est cela la musique qui organise doucement l’espace de chaque composant en une amitié entre cactus rayonnant et sol rouge et granulé, fleurs éternelles ou d’un instant.
La moindre pierre esseulée pose avec grâce !
Cependant, à décrire cette félicité, si peu de mots conviennent.
Même. J’ai tenté maintes fois de poser mon appareil photographique en témoin. Choisir un angle, un cadre, une ouverture, une lumière … jamais je n’ai trouvé la quadrature du cercle. Il y a trop de solutions et pas une ne colle. « Incapable » me suis je dit. Mais voilà. Il faudrait dire que ce projet est tout simplement impossible ! Le fond n’y serait pas, il n’y tiendrait pas ! Trop vaste, trop fragile, trop pénétrant qu’il est !
Je me rappelle alors visitant Uluru, le vaste monolithe en sa majesté. Presque à contrecœur, résigné au devoir touristique, j’eus la surprise d’être pratiquement seul dans mon silence. La chance me promenait méditatif en ce début de printemps. Les recommandations y sont légions à mettre en garde sur le caractère sacré de ce site. On n’oserait pas déranger ce géant reposant pour l’éternité. Toutes, autoritaires, officielles, interdisant un passage, une intrusion, un vol d’image à la dérobée… toutes recommandations à l’adresse des visiteurs plus attentifs à remporter quelques trophées.
Je me rappelle l’une d’entre ces recommandations comme d’une prière :
« S’IL VOUS PLAÎT, NE PERDEZ PAS VOTRE TEMPS À PRENDRE DES PHOTOS. ECOUTEZ. »
J’espère vous rendre un peu de cette musique là. Encore quelques mesures … pour le « plaisir des yeux » ?
Galerie Luc Berthier
5 rue Sainte-Anastase - 75003 Paris
tel : +33 (0) 1 42 77 83 44
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